La lente application de la réforme de la formation professionnelle

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Pas moins de 40 % des entreprises interrogées par Tendance RH et Opcalia Ile-de-France dans leur enquête conjointe (1) n’ont pas encore pris en compte la dernière réforme de la formation professionnelle. Parmi les freins : un certain manque de lisibilité des nouvelles dispositions issues de la loi du 24 novembre 2009, relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie.

Si la portabilité du DIF «  intéresse les entreprises pour les nouveaux salariés qui arrivent avec un quota d’heures disponibles,(…) les modalités de prise en charge ne sont pas encore connues des entreprises ». Un DIF qui est encore trop vu comme « une lourdeur administrative supplémentaire » et « une charge financière en plus ». Ces commentaires, issus de la dernière enquête menée par Tendance RH et Opcalia, illustrent bien la principale conclusion de cette étude : un certain nombre d’entreprises n’appliquent pas encore la dernière réforme de la formation professionnelle, notamment par manque d’informations claires sur ses modalités de mise en œuvre.

Baisse du budget formation

Dans le même ordre d’idée, les entreprises ont tendance à faire un amalgame entre entretien annuel, entretien de performance et entretien d’évaluation professionnelle. Pour l’utilisation de la période de formation, les auteurs notent que les entreprises « attendent les nouveaux critères de prise en charge, notamment les durées de formation minimum ».
Autre exemple de manque de lisibilité pour les entreprises : le fonds d’urgence formation destiné à aider au reclassement des salariés en voie de licenciement ou de chômage partiel n’est connu que de 25 % des entreprises interrogées.
Un manque de lisibilité qui, conjointement au contexte de crise, influe sur la baisse du budget de formation. Pas moins de 50 % des entreprises en question prévoient un budget constant en 2010 et 33 % annoncent un budget en baisse. Une situation dûe, notamment, au fait que « les entreprises commencent à comprendre que le versement des 13 % [au FPSPP] sera difficile à récupérer ».

Un besoin de conseil

Parmi les dispositifs qui aideraient les entreprises à mettre en œuvre la réforme de la formation professionnelle, les sondés évoquent un besoin de conseil et d’outils. 66 % des responsables interrogés souhaitent également que les OPCA leur proposent d’autres services, en particulier du conseil.

Si la réforme n’est pas encore appliquée par tous, ses grands objectifs semblent néanmoins compris et partagés. L’objectif majeur de cette réforme était d’utiliser les fonds de la formation pour les publics qui en ont le plus besoin, à savoir : les TPE-PME et les bas niveaux de qualification. Et, pas moins de 80 % des responsables interrogés pensent qu’introduire des priorités de financement pour les bas niveaux de qualification est une bonne idée.
La réforme de la formation professionnelle introduit aussi une obligation d’évaluation des résultats de la formation. En écho, 94 % des répondants estiment que la formation doit effectivement être évaluée. Une réforme qui devra donc être accompagnée de moyens à la hauteur de ses ambitions pour une application généralisée.

Brice Ancelin - Source: formaguide.com

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